Un peu plus loin ...

15 mai 2010

LA BOLIVIE... UN NOUVEAU PAYS DANS LA PEAU (1ère partie)

     Nous sommes le samedi 20 mars, nous quittons le repos des guerriers de Yavi pour rejoindre la frontière entre l'Argentine et la Bolivie. Santiago, un de nos hôtes, nous emmène dans sa Renault 12 à la frontière. La file d'attente interminable, du poste de douane bolivien, nous fait pester pendant quelques minutes, et nous interpelle un peu car la majorité des piétons et véhicules circule sans aucun contrôle de la part des douaniers ?!. Cette file indienne, composée uniquement de Boliviens, nous pousse à demander à un gardien de la paix si il existe une alternative pour, en un mot, "gruger tout le monde"?  Et bien oui!  Si bien, qu'en moins de 5 min, le guichet "touriste", bien planqué dans une cabane, nous tamponne nos passeports afin de jouir en toute légalité de nouvelles aventures dans un nouveau pays, la Bolivie...


     Après un bon repas, composé de poulet, de riz et de frites (pour la modique somme de 12 Bolivianos par personne, soit 1,2 €), nous prenons le train à Villazon (ville Bolivienne frontalière) pour rejoindre Tupiza. Le train, composé en majeure partie de touristes Israéliens, Allemands, Français, Suisses, Belges... zigzague dans les montagnes boliviennes aux allures de far-west. Ce voyage de quelques heures nous offre en avant première une vue sur les paysages grandioses de ce pays perché le plus souvent entre 2000 m et plus de 6000 m d'altitude. Nous arrivons donc à Tupiza, ville culminant à 2900 m d'altitude. Elle sera notre point de départ pour une excursion de 4 jours en 4x4, qui nous conduira jusqu'à la ville d'Uyuni...


     Après quelques agences misent à mal pour avoir le meilleur rapport qualité/prix, nous choisissons l'agence "LA TORRE", qui, à notre avis, est la plus professionnelle pour un prix raisonnable (100 Euros les 4 jours par personne en pension complète). Nous serons 5 dans le 4X4, les Justyboys et un couple de français, Nicolas et Camille. Nous sommes le mardi 23 mars, il est 9h et la nouvelle petite bande est prête pour ce qui sera une excursion exceptionnelle. 

Ce tour sur 4 jours de 1200 km, nous fera passer entre autre par le desert de Dali et le salar d'Uyuni. Ce dernier est le plus grand (12000 km2) et le plus haut désert de sel au monde et culmine à une altitude de 3653 m. 


     Dès les premiers kilomètres, nous rencontrons des montagnes déformées par l'érosion aux couleurs surréalistes, une végétation rare et inconnue, en un mot du jamais vu... Notre ascension chaotique sur des chemins étroits et accidentés, nous conduit sur l'altiplano bolivien. A partir de là, notre voyage se déroulera entre 3600 et plus de 5000 mètres d'altitude. Nous croisons de nombreux lamas, vigognes (famille des lamas qui font parties de la grande famille des camélidés), des nandous (petites autruches)... Les lamas sont plutôt amicaux et pour le moment aucun d'entre-eux  ne nous a craché à la figure. Ce n'est peut-être qu'un mythe colporté par les aventures de Tintin?

Nous croisons des "villages" composés de quelques habitations de briques faites maison et qui se camouflent habilement dans le paysage, et disposées à chaque fois autour d'un terrain de foot plutôt bien entretenu et un peu moins discret. Nous nous arrêtons régulièrement admirer les paysages et les lagunes de sels, entourées de hauts sommets, qui prennent des couleurs différentes suivant leur composition en minéraux (ou suivant différentes légendes selon que l'on écoute les scientifiques, les Quechuas, ou les théologiens....) : bleue, verte, rose. Encore une fois grandiose! Et, qui dit lagune, dit flamants roses. Il y a plusieurs sorte de flamants roses. On les différencie surtout par la taille et la forme de leur bec. Après une première journée riche en découverte, nous passons notre première nuit en haute altitude, à 4300 m.. L'altitude ne nous fait pas peur, et nous organisons un match de foot réunissant tout le monde, filles, garçons, étrangers, locaux, petits et grands. Pendant une petite heure, nous courons... enfin nous essayons, car à 4300 m. l'oxygène est plutôt rare. 


     Le deuxième jour, lever 5h du matin pour profiter d'un énième levée de soleil magnifique et aussi pour nous rendre en altitude, à plus de 5000 m., afin d'observer des geysers. Le paysage est lunaire, toute forme de vie, végétale ou animale, est absente, tout comme les moyens de sécurité pour ne pas faire un plongeon fatal dans les bains bouillonnants de sulfate de sodium et autres... Dangereux, mais authentique. Ce jour là, nous croiserons encore des lagunes, et nous jouirons d'une baignade à 4500 m. dans des sources d'eau chaude, nous jouerons au frisbee au milieu des arbres de pierres (Arbol de Piedra) et admirerons le désert de Dali où il ne manque que quelques montres molles. Magique!  Le soir en compagnie de Nicolas (notre ami français), H (notre ami anglais), Alexandra (notre amie anglaise), un bolivien, nous improvisons encore une fois à 4100 m d'altitude un match de foot bénéfique pour nos poumons d'habitants de la plaine. A ces altitudes, nous n'avons pas trop de maux de tête synonymes de mal de l'altitude, mais la respiration durant le sommeil est lourde, courte et profonde. 


     Le troisième jour est marqué par l'observation d'un volcan toujours en activité à la frontière boliviano-chilienne, une dernière nuit dans un hôtel construit entièrement en sel et une fois n'est pas coutume, un match de foot avec de nombreux touristes et locaux.


     Enfin, le quatrième et dernier jour, est consacré au désert de sel de Uyuni. Nous nous levons une fois de plus à 5h pour pouvoir observer le lever de soleil sur cet immense désert blanc. Ouf!!!!!! A couper notre souffle déjà court. C'est encore une fois grandiose... (Nous essayons lors des rédactions d'articles d'éviter les lourdeurs de style mais le problème avec ces paysages c'est les répétitions, entre autres du mot grandiose, nous en sommes désolés). Bon, revenons à notre désert de sel. Après le lever de notre étoile bienfaitrice qui met en relief les minuscules aspérités du sol, nous jouons avec nos ombres tel des gamins, nous nous réchauffons, accessoirement, puis nous nous dirigeons vers la plus grosse île du désert. Cette dernière est en faite un récif de coraux fossilisés, accueillant de nombreux cactus qui atteignent des 12 m de haut et comptabilisent des longévités de 1200 ans (1 cm par an). Après une ballade au sommet de l'île, nous avalons un petit déjeuner salvateur et terminons par, une fois n'est pas coutume, un match de foot sur cette mer de sel : Surréaliste!!!

La fin de matinée est consacrée à des séances de photos sur le désert de sel. Ce désert sans aucun point de repère permet la réalisation de photos "truquées" (voir nos photos). Encore une bonne partie de rigolade.


     Voilà, cette excursion prend fin dans la ville d'Uyuni. C'était GRANDIOSE, EXCEPTIONNEL, EPOUSTOUFLANT, SENSATIONNEL ... Merci à notre cuisinière bolivienne qui nous a chouchoutés, à notre chauffeur, Angel, qui nous a conduit lentement et sûrement sur les chemins d'un nouveau monde. Un grand coucou et pleins de belles pensées à nos amis français, Camille et Nicolas, avec qui, nous avons partagé le 4x4, les chambres, les parties de foot, les cours d'espagnol, les discussions, les rigolades... Nous nous séparons le lendemain de ce quatrième jour, à Uyuni. Nico et Camille, partent pour le Chili et nous partons à la découverte d'une nouvelle ville Bolivienne, Potosi, perchée à 4100 m d'altitude...


Posté par justy1980 à 17:03 - Commentaires [9]


29 mars 2010

Argentine : une traversée Sud / Nord...

 Nous sommes le mardi 9 mars, jour des séparations à El Calafate. D'un côté, Serge et Nadine repartent en avion pour finir leur semaine de vacances à Buenos Aires et de l'autre, le challenge des Justyboys de se faire plus de 3000 km sur la mythique route 40 en autostop... Le but étant de rallier Salta à l'extrême nord de l'Argentine, à 270 km de la frontière Bolivienne.

 

 Il est 12H30, nous quittons l'auberge d'El Calafate, rejoignons la sortie de la ville afin de positionner nos pouces en bordure de route. Nous sommes excités à l'idée de vivre cette nouvelle aventure et ce nouveau moyen de déplacement. C'est avec une motivation et un optimisme à toute épreuve que nous nous trainons, avec nos 20 kg de sac sur le dos, au point le plus stratégique. En chemin, notre moral s'effrite un peu, lorsque que nous rencontrons un autostoppeur qui a eu la même idée que nous. Il est Français bien entendu (à savoir qu'en Argentine, les touristes sont Français ou Israéliens). Il ne voyage qu'en stop et ça fait déjà 1/2 heures qu'il est en place... Qu'importe, par sportivité nous nous positionnons après lui à quelques centaines de mètres... Nous camouflons nos sacs derrière un poteau afin de ne pas trop effrayer les gens par l'ampleur de notre caravane. C'est parti... pouces lustrés en action et pancarte indiquant RUTA 40 dépliée...

 En détail ci-dessous le fil de notre attente sous le soleil, au vent :

 -  13H00 : tous debout, chantant, riant...

 -  13H45 : 2 debout, sifflant, souriant...

 - 14H30 : 1 debout bras tendu, les deux autres jouant au frisbee derrière…

 - 15H15 : les 3 assis, bras tendus (à moitié), avec notre pancarte indiquant en espagnol : "participons au frais d'essence"! (on apprendra par la suite que ce qu'on a ecrit ne veut rien dire en Argentine...)

 - 16H30 : 1 assis, 2 couchés dans l'herbe. L'optimisme a disparu.

 - 17H00 : discussion sur la solution de repli : "nous prendrons le bus demain!"

 

 Voilà ça se passe comme ça une demi-journée de stop avec les JustyBoys... Pour excuser notre inefficacité, il faut savoir qu'El Calafate est une ville touristique ; un cul de sac où ne circule que les bus de tourisme, taxis et voitures allant à l'aéroport. Quand à l'autre Français autostoppeur... toujours en bord de route assis cette fois à jouer de la guitare... Bonne chance mec!!!

 

 Le lendemain, après avoir rencontré la veille à l'auberge nos premières voyageuses Portugaises, Claudia et Inès que nous retrouverons sans doute à Cuzco au Pérou (Claudia doit fêter ses 30 ans là bas...), nous prenons le bus pour 54 heures, plus de 3000 km de traversée Sud / Nord de l'Argentine...

 

 Le stop ayant lamentablement échoué, nous avons un demi mérite d'avoir supporté 54 heures de bus. Un demi, car il faut bien avouer que les bus Argentins sont plutôt confortables, avec leurs sièges inclinables en lit, leurs repas chauds et leurs nombreux films diffusés... Donc finalement ces 2 jours et demi sont passés comme une lettre à la poste. Nous sommes le vendredi 12 mars et nous arrivons à Salta à 1H30...

 

 Comme d'habitude, nous ne savons pas où dormir à notre descente de bus et cette fois-ci pas de guide "papier" pour nous aider... Mais la vie est simple... C'est ainsi qu'un jeune rabatteur nous fait la pub d'un hôtel non loin d'ici (Internet, eau chaude, billard, piscine...) : arnaque ou réalité? Et bien... réalité. L'endroit est très sympathique et invite à lui seul à allonger notre séjour à Salta. Ce même soir, ou plutôt au petit matin, nous arpenterons les rues de Salta afin de profiter (enfin) de l'ambiance latine surchauffée des nuits de fin de semaine.

 

 A Salta, nous découvrons l'Amérique latine comme nous l'imaginions : vieilles voitures (Ford Falcon, Peugeot 404, 504, Renault R12, R16, 2CV Citroën...), le rythme latin (lever 11H, magasins fermés entre 13H et 17H), les rues se remplissant le soir, les argentines à croquer, des églises plus belles les unes que les autres... et ses bancs publics (...nous n'avons pas vu les bancs de messe).

 

 A Salta et sans trop s'avancer, en Argentine en général, les bancs publics ont la particularité d'attirer les amoureux (c'est Brassens qui serai content de voir ça). Les espaces verts sont parsemés de bancs, et de jour comme de nuit accueillent:

 

 Les amoureux qui s'bécottent sur les bancs publics

 Bancs publics, bancs publics

 En s'fouttant pas mal du regard oblique

 Des passants honnêtes…

 

 Si bien, que le soir venu tous les bancs publics sont occupés...

 

 Nous nous sentons bien dans cette ville et dans notre auberge où nous partagerons notre temps entre discussions, baignades et bonnes soirées avec 3 Israéliens (Lion, Sharaf, Ilian), 2 soeurs de Buenos Aires (Daniela et Georgina), deux couples Argentins et Noémie une Québécoise fort sympathique. Une Auberge espagnole où notre niveau de langue s'améliore de jour en jour, où les repas cosmopolites finissent à point d'heure, et où les parties de billards apaisent nos têtes embrumées par le malbec et les traductions, avant d'aller se coucher.

 

 Nous devons maintenant quitter cet endroit fort agréable pour rejoindre La Quiaca, à la frontière Argentino-Bolivienne, 270 Km au nord de Salta.

 

 Notre échec d'autostop d'El Calafate nous ayant laissé sur notre faim, nous décidons de remettre ça de Salta pour rejoindre La Quiaca... Cette fois pas d'excuse, nombreux camions et voitures empruntent la route 9 reliant les deux villes...

 

     Deux itinéraires pour sortir de la ville :

     Le premier nous stoppera vite à la vue des dizaines d'Argentines faisant elles aussi du stop pour rejoindre la ville la plus proche.

     Le deuxième nous amène donc à l'entrée de la voie rapide. Nous commençons, assez motivés notre rituel pouces en l'air et... 5 min plus tard, un fourgon s'arrête (mission accomplie), le chauffeur nous passe son téléphone et à l'autre bout du fil une de ses amies françaises nous explique qu'il nous déposera à la douane du contrôle policier... à 6 km (mission à demi-accomplie) Pourquoi pas? Malheureusement, après 4 heures de stop, de nombreuses voitures, camions passant devant nous sans ralentir ou à peine (poste de police oblige), nous repartons souriant quand même pour la station de bus de Salta : demain matin, nous serons à La Quiaca, la frontière Argentino-Bolivienne, à 3500 m : 1ère marche de notre adaptation à l'altitude.

 

 Nous sommes le mercredi 17 mars, nous arrivons à La Quiaca à 7h30. Après 2 cafés solo (solo: noir et pas chacun dans son coin...) et 2 croissants Julien et Yann passent la douane à pied sans les sacs à dos (car sans bagages pas de contrôles aux 2 douanes), pendant que Stéphane garde toutes les affaires côté Argentin. But de l'opération, se renseigner des prix et horaires des bus et trains pour se rendre à Uyuni ou ailleurs en Bolivie...

 

 Cette mission accomplie, nous restons 3 jours à Yavi, un petit village Argentin à 16 km de la frontière, dans la montagne. L'hostel El Mirador (juste à l'entrée à droite, www.elmiradordeyavi.com.ar, 20 pesos la nuit) avec sa tour aux 2 hamacs, sa vue à 360° et les 2 compères qui gardent ce havre de paix en font un endroit parfait pour se ressourcer et profiter du paysage. L'excellente musique diffusée à longueur de journée dans la pièce principale accompagne fabuleusement les repas, siestes et soirées. Nous partageons les diners autour de la grande table avec tous les habitants du lieu...c'est à dire 7 personnes : nos 2 hôtes (Santiago et Machi), un couple de jeunes argentins en vacances et nous 3... comme à la maison, les cours d'espagnol en prime.

 

 Merci à Noémie de nous avoir poussé ici. Yavi est un village magnifique, typique, sans touristes, sans internet, sans téléphone (ou presque: le seul téléphone disponible à la poste a été coupé pour 3 mois suite au non paiement de la facture par la commune...), nous retrouvons un silence absolu que nous avions perdu depuis l'ile d'Olkhone en Russie. Une providentielle parenthèse avant d'attaquer ce nouveau monde qu'est la Bolivie, ses déserts salés (salar), sa pauvreté, ses costumes traditionnels, ses montagnes à plus de 6000m...

Posté par justy1980 à 07:26 - Commentaires [10]

15 mars 2010

Quelques photos pour faire passer la pilule en ce lundi matin...

Inde + Australie. Bisous à tous.

Posté par justy1980 à 16:29 - Commentaires [5]

14 mars 2010

L'ARGENTINE VUE DU COTE PARENTS

     Après les Justy Boys et la Justy Girl, voilà maintenant les Justy’s parents.


     Le récit de l’Argentine est très bien fait, comme les récits précédents, d’ailleurs. Autre particularité pour l’Argentine, c’est qu’il a été fait en live, sans décalage horaire. Par contre, nous, les pièces rapportées de cette aventure, nous avons notre sensibilité par rapport à ce « trip » et aussi quelques anecdotes à rapporter.


     Déjà, nos retrouvailles avec la fine équipe ; place de Mai. Eh oui, lorsque nous avons regardé le plan de Buenos Aires dans le guide du routard, et que nous leur avons proposé de se retrouver plaza de Mayo, dans l’hypothèse où nos portables ne passeraient pas, nous ne savions pas que la plaza de Mayo était la fameuse place de mai où se réunissaient toutes les semaines les mères des enfants disparus à cause du pouvoir fasciste des années 70. Ce n’est donc pas la place du Général Mayo, ni de l’inventeur de la mayonnaise. A noter qu’il y a les rues 25 de Mayo, 9 de Julio et autres dates correspondant à des révolutions ou des coups d’état. Souvent ces rues, dans toutes les villes argentines, rejoignent la rue San Martin, le libertadore. Sur cette place, nous avons vu la première des nombreuses manifestations lors de notre séjour. Celle-ci concernait les Malouines qui étaient et devaient rester argentines, d’autres manifestations pour les salaires des enseignants à Ushuaia et encore une autre à traduire sur les banderoles prises en photo. De vrais contestataires les argentins ! Et tout à coup, plaza de Mayo, assis tous les quatre à scruter les arrivées de bus et de taxis, nous voyons arriver trois sacs à dos à l’heure dite. Grosse émotion que les mots ne sauraient définir. Ca-y-est, la jonction est faite ! Nous avons pris les Justy à rebrousse poil dans leur périple. Trois semaines de bons moments nous attendent. Tout n’est pas dit dans le blog, mais l’essentiel transparait bien.


     Sinon, concernant l’Argentine, il y a quelques petites choses à connaitre. Si vous cherchez le nord, ne vous fiez pas à la mousse au pied des arbres, elle est plein sud. Si vous regardez le soleil à midi, il est plein nord et sa course va de droite à gauche. Quant à la lune, il parait que le croissant est dans l’autre sens. Nous n’avons pas vérifié. Autres petites particularités du pays : en vous promenant dans les rues de Buenos Aires, ou Ushuaia, ou El Calafate et certainement dans toutes les autres régions de l’Argentine, si vous voyez des R12 et des 504 à tous les coins de rues, ce n’est pas parce-que vous êtes de retour dans les années 70, c’est tout simplement de bons mécaniciens qui ont conservé ces voitures. Avis aux collectionneurs!


     Quand on vous dit : « Ca sent le phoque par ici ! », vous pouvez dire aussi « Ca sent le lion de mer par ici ! » Ca doit se valoir. Quand vous faites 3000 Km en bus pour aller de Buenos Aires à Ushuaia, vous côtoyez 6000 Km de clôture, soit environ trois millions de piquets et environ 36000 Km de fil de fer. Et ceci sur la seule route principale. Les clôtures, en parfait état, entourent des propriétés de dizaines de milliers d’hectares où nous avons vu quelques bovins et ovins, mais pas tant que ça. Espérons que la Patagonie n’est pas passée de l’extensif à l’intensif trop rapidement. Sinon, la viande est excellente comme l’ont dit les trois voraces.


     L’espagnol n’est pas difficile à lire et on peut le comprendre facilement à l’oral s’il est mélangé à un peu d’Anglais. Quand vous désirez vous adresser à des gens du cru, au lieu de leur dire : Do you speak english ? Vous avez meilleur temps de leur dire : Parlez-vous français ? Vous serez surpris de constater que le français est parlé en Argentine. Mais bien sûr, moins que l’anglais et l’espagnol. Notre séjour en auberge de jeunesse nous a rajeunis quelque peu. Hormis à El Calafate où c’était moyen au niveau propreté et convivialité, nous avons vécu en dortoirs et communauté sans que ce soit problématique. A El Calafate, il est même venu un « touriste » occuper le sixième lit, au milieu de la nuit, sans que quiconque s’en aperçoive. Yann, à la descente du lit, lui a demandé de manière un peu « hard » ce qu’il faisait ici. Après ce stress intense nous ne l’avons plus revu.


     Nous avons quitté Les Justy boys à El Calafate et ça fait deux jours que nous n’avons pas de nouvelles. Nos téléphones portables ne fonctionnent pas dans le pays et s’ils font du stop, ils vont avoir du mal à se connecter. Autre particularité de l’Argentine et de beaucoup de pays que les Justy ont traversé, c’est que dans toutes les auberges de jeunesse, on trouve des ordinateurs en libre accés et la wifi gratuite. Ce qui n’est pas le cas en France. Peut-être aurons-nous un courriel avant de quitter l’Ostinatto hostel ? Où sont les voyageurs ? Auront-ils trouvé des voitures en stop ou auront-ils repris le bus pour des milliers de kilomètres ?


     Bon voyage et bon vent à vous trois.

     Nadine & Serge

Posté par justy1980 à 01:15 - Commentaires [0]

09 mars 2010

El Vivà Argentina !!!!!

 Il est temps de retrouver le chemin du clavier, après avoir passé la main à notre JustyGirl. Quand vous finirez de lire cet article, nous n’aurons plus de retard (jusqu’à la prochaine fois)…

     On vient de passer la journée la plus longue de notre vie. En effet, nous décollons de Sydney le lundi 22 février à 11 h. du matin et après 13 heures d’avion, nous atterrissons à Buenos Aires le lundi 22 février à 10 h du matin. Nous aimons ne pas perdre de temps inutilement… Et tant mieux, car sur le sol argentin, nous attendent de nouvelles retrouvailles, et pas n’importe lesquelles : les parents de Julien (Nadine et Serge), son frère (Nicolas) et sa belle sœur (Albine). C’est avec beaucoup d’émotion que nous retrouvons nos racines Bourguignonnes. Programme des 3 semaines en famille : passer du temps ensemble, profiter ensemble, et accessoirement faire un petit tour de Patagonie. Tout simplement…

    La Patagonie étant une surface modeste de quelques centaines de milliers de km² au sud de l’Argentine, vous imaginez bien que nous repartons pour un contre la montre que nous commençons à affectionner depuis les 3 dernières semaines d’Inde. Mais avant la narration de ce tour de Patagonie aussi beau qu’enrichissant, il est important de vous raconter notre rencontre avec la cuisine argentine et sa viande meilleure que dans nos rêves les plus gourmands. D’avance, nous sommes désolés pour les éleveurs et les restaurateurs français.

     Notre première journée (nous sommes toujours lundi 22 février) est marquée par un restaurant avec la famille Dromas et les JustyBoys. C’est donc dans cet endroit que nous faisons connaissance avec la cuisine et le bœuf argentins. Un régal pour les papilles ! Il faut se le dire, cette viande est aussi tendre qu’un câlin sous la couette en hiver. Et pour mieux en profiter, ils servent des morceaux de 500 grammes à 1 kg. Ajoutez à ça, un bon vin argentin à 14°, avec un service irréprochable et autant vous dire que les larmes coulent de bonheur… Vous l’aurez compris la gastronomie argentine en générale s’adresse aux viandards et laissera à une diète forcée les malheureux végétariens…

     Dès le lendemain, nous prenons (Dromas Family et les JustyBoys) un bus tout confort (Siège convertible en lit, repas et Champagne… euh non pas Champagne) pour parcourir 1200 km en 20 h. de bus de Buenos Aires à la Péninsule de Valdès, notre première destination en Patagonie. Nous arrivons donc à Puerto Madryn, non loin de la péninsule. Deux missions attendent l’équipe des 7 mercenaires pendant leur séjour de 3 jours au bord le l’Atlantique. Première mission, préparer la suite du séjour en bookant les billets de bus pour Ushuaïa. Cet exercice à première vue plutôt simple, se transforme en calvaire car tout est complet… Négociation après négociation en espagnol SVP (merci Albine), nous arrivons à obtenir nos billets pour repartir dans quelques jours. Deuxième mission, louer deux voitures pour une escapade de toute beauté sur la Péninsule de Valdès.

     La péninsule de Valdès !!! Alors! Amateurs de la chaîne Découverte, c’est pour vous. Entre guanacos (genre de lamas), nandous (petite autruche), flamants rose, rapaces, goélands, tatous, pingouins, éléphants de mer, lion de mer, phoques, ou encore mouettes (mais vraiment pour les plus passionnés), vous serez servis comme nous le sommes. Juste grandiose de faune et de paysages…

    Quelques photos après et quelques descentes de bières locales « Quilmes », nous reprenons le bus toujours aussi confortable pour la prochaine destination : La Terre de Feu et Ushuaïa… Le bout du bout du bout du monde (de l’hémisphère sud).

     C’est après 12 heures de bus, 2 barrages policiers, 2 fouilles de sac par les chiens, 2 contrôles d’identité que nous arrivons à la frontière Chilienne blanc comme neige !!! Ah oui, nous ne vous l’avons pas encore dit, mais pour aller à Ushuaïa en Argentine, nous sommes obligés de passer par le Chili. Outre la joie d’avoir un tampon de plus sur notre passeport déjà bien rempli, nous avons surtout la joie d’attendre des heures aux 4 douanes séparant les deux pays (Argentine/Chili ; Chili/Argentine). La traversée de la portion Chilienne, d’ailleurs non goudronnée, nous apporte satisfaction et fierté lors du passage en bateau du fameux détroit de Magellan. Attention au programme : courant très fort, vent, vent, vent et vent. Si bien que les personnes de moins de 80 kg ne peuvent sortir. Yann sera le seul dehors…

     Il reste encore à affronter la fougue et l’impatience du chauffard de bus à retrouver sa blonde lors des derniers km nous séparant d’Ushuaïa. Nicolas et Albine (d’origine Zaïroise) sont blancs, Nadine et Serge rédigent leur testament et les Justyboys dorment comme des bébés. Vivants, nous arrivons à 23h. à notre auberge de jeunesse du bout du monde. Et oui ! Avant d’être le nom d’une émission de télé ou encore celui d’un produit de douche, Ushuaïa est avant tout la ville la plus au sud, à un millier de km de la péninsule du continent Antarctique. Nous sommes aussi à quelques km du fameux et tant redouté par les navigateurs, Cap Horn. Nous avons 4 jours pour découvrir cet endroit fabuleux. Mais avant ça, il nous faut fêter le passage d’un autre cap, tout aussi périlleux : LES 30 ANS DE JULIEN… Une soirée au restaurant en famille (parents, frère, belle-sœur et ses pacsés d’aventure, Stéphane et Yann). Viandes et vins à profusion… La soirée continuera jusqu’au petit matin pour les trois amis d’enfance… Que de SOUVENIRS, surtout pour Julien !!! Le lendemain une journée de repos attend notre nouveau trentenaire. La vieillerie diront certains…

     Ce n’est pas tout ça, mais le lieu vos le détour et nous profitons des quelques jours pour faire des tours… Première excursion, balade au dessus d’un glacier nous offrant une vue splendide sur la ville et la baie d’Ushuaïa. Deuxième périple, en bateau cette fois-ci, sur le canal de Beagle. Au menu du jour, contact rapproché avec les lions de mer et les cormorans royaux, tour du phare  « Les Eclaireurs », cours de botanique sur une île et dégustation de bière sur une mer déchainée. C’est tout ! Le dernier jour est consacré à l’ascension du Cerro Guanaco. Attention, non sportif s’abstenir… 1000 mètres de dénivelé sur 6 Km. Trek assez difficile mais pour un final époustouflant. Une vue à 360° sur une partie de la Terre de Feu : Montagnes, forêts, lacs, mer, Ushuaïa, plaines, tout y est, un spectacle vraiment grandiose. La cerise sur le gâteau, le passage d’un condor au-dessus de nos têtes et un pique-nique partagé avec un renard. Et surtout, ce jour là, l’impossible arriva… Albine, belle et charmante jeune femme parisienne, ne pratiquant l’alpinisme que sur la butte Montmartre, arriva en haut poussée par les encouragements de Nicolas. Quelle leçon de courage et de détermination. Bravo Albine ! 

    Le séjour argentin prend fin pour Nicolas et Albine. Ils doivent regagner les contrées françaises… Mais l’aventure continue encore pour les parents de Julien et les JustyBoys, direction EL CALAFATE…

     EL CALAFATE se situe à 1200 km au nord ouest d’Ushuaïa. C’est une ville sans grand intérêt, construite de toute pièce pour les milliers de touristes présents ici. Mais alors, vous nous direz « que venez vous faire ici ? ». Et bien tout simplement découvrir un des plus gros glaciers du monde, El Perito Moreno. Il mesure 15 km de long, 5 km de large et 60 mètres d’épaisseur. Son observation à quelques mètres de ses parois, nous occupera 5 heures. 5 heures à le scruter, à attendre qu’un bloc se détache dans un bruit ahurissant ; 5 heures à prendre des centaines de photos ; 5 heures à profiter des différentes couleurs que prend le glacier sous l’action des rayons du soleil ; juste 5 heures à jouir de ce spectacle unique au monde…

    Voilà, nous sommes le lundi 8 mars 2010 (retard rattrapé), cela fait 6 mois aujourd’hui que nous avons quitté le sol français, nos familles, nos amis… Demain, nous quitterons pour la deuxième fois dans notre aventure, la famille de Julien et un petit peu celle de Stéphane et Yann par procuration. Demain, Nadine et Serge terminent leur séjour à Buenos Aires. Demain, les JustyBoys remontent l’Argentine (3000 km) pour découvrir les montagnes Boliviennes. Demain est un autre jour…

 

Posté par justy1980 à 06:08 - Commentaires [5]